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Apprendre à écouter son corps

  • Photo du rédacteur: Mélissa
    Mélissa
  • 22 nov. 2025
  • 5 min de lecture

Dernière mise à jour : 26 nov. 2025

De l’hyper-contrôle à la bienveillance


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Pendant longtemps, on nous a appris à contrôler notre corps plutôt qu’à l’écouter.Le faire taire quand il a mal, le pousser quand il est épuisé, le restreindre quand il prend du poids, le juger quand il ne fonctionne pas “comme il faut”.

Pourtant, le corps ne se trompe pas : il parle, il prévient, il signale.La vraie difficulté, ce n’est pas qu’il “bugue”, c’est que nous avons souvent oublié comment l’écouter avec douceur.


Dans cet article, j’ai envie de t’emmener d’un extrême que beaucoup de femmes connaissent – l’hyper-contrôle – vers une autre façon de vivre avec ton corps : la bienveillance et la coopération.




L’hyper-contrôle : quand on lutte contre son propre corps


L’hyper-contrôle, c’est cette sensation d’être en combat permanent avec soi-même :

  • contrôler tout ce qu’on mange, tout le temps ;

  • se forcer à tenir au travail, même quand la douleur est insupportable ;

  • enchaîner les régimes, les restrictions, les “lundi je recommence tout à zéro” ;

  • culpabiliser dès que le corps ne répond pas comme prévu : prise de poids, fatigue, douleurs, règles irrégulières, infertilité…


Derrière l’hyper-contrôle, il y a souvent :

  • la peur de perdre la main,

  • la peur d’être jugée,

  • la croyance que “si je lâche, tout va partir en vrille”,

  • et aussi toutes les injonctions qu’on a intégrées depuis l’adolescence : “sois forte”, “ne te plains pas”, “maîtrise-toi”, “tiens bon”.


Le problème, c’est qu’à force de contrôler, on se déconnecte. On n’entend plus les signaux du corps… jusqu’au moment où il hurle.



Quand le corps finit par crier plus fort


Douleurs chroniques, fatigue écrasante, migraines, troubles digestifs, règles invalidantes, prise ou perte de poids brutale, troubles du sommeil…


Souvent, ces symptômes ne surgissent pas de nulle part.Ils sont le résultat de mois, parfois d’années, à ignorer :

  • la fatigue qu’on “pousse”,

  • les douleurs qu’on “gère”,

  • le stress qu’on minimise,

  • les émotions qu’on ravale.


Le corps, lui, n’a pas les mots, mais il a ses propres langages : tension, douleur, oppression, boule au ventre, gorge serrée, palpitations, épuisement…Quand on ne l’écoute pas, il monte le volume.


Et souvent, c’est là qu’on se dit :

“Pourquoi mon corps me lâche maintenant ?”

En réalité, il ne te lâche pas. Il t’arrête. Il te protège. Il te fait comprendre : “On ne peut plus continuer comme ça.”



Se reconnecter : apprendre une nouvelle façon de “parler corps”


Écouter son corps, ce n’est pas devenir obsédée par le moindre signe.C’est créer une nouvelle relation avec lui : plus douce, plus respectueuse, plus honnête.


Tu peux commencer par te poser quelques questions simples :

  • Quand est-ce que mon corps me dit stop… et que je ne l’écoute pas ? (Au travail, à la maison, dans mes relations, dans le sport…)

  • Quels sont les signaux qui reviennent tout le temps ? (Maux de ventre, douleurs de règles, mal de dos, fatigue après certains repas, crises de larmes sans raison apparente…)

  • Dans quelles situations mon corps se détend vraiment ? (Dans la nature, sous la douche chaude, en écoutant de la musique, en faisant une sieste, en respirant profondément…)


Observer sans juger, c’est déjà commencer à écouter.



De l’hyper-contrôle à la coopération


Le but n’est pas de “lâcher prise” du jour au lendemain, ni de tout accepter sans rien faire. Il s’agit plutôt de passer de :

“Je dois contrôler mon corps, il est contre moi.”

à :

“Je peux apprendre à vivre avec lui, il essaie de me parler.”

Concrètement, ça peut ressembler à :

  • Adapter son rythme quand la douleur est trop forte, au lieu de se forcer systématiquement.

  • Accepter de dire non, même si ça déçoit quelqu’un, pour respecter ses limites.

  • Sortir des régimes extrêmes, pour aller vers une relation plus sereine à la nourriture.

  • Chercher des solutions pour se soulager, sans s’épuiser à tout tester, tout le temps.

  • Demander du soutien (pro, perso, thérapeutique) au lieu de tout gérer seule en silence.


La coopération, c’est écouter ce qui est possible pour toi aujourd’hui, avec le corps que tu as, et pas celui que tu avais il y a 5 ans ou celui que tu voudrais avoir.



La bienveillance corporelle : un chemin, pas un état parfait


Se montrer bienveillante envers son corps ne veut pas dire que tu vas l’adorer tous les jours. Il y aura encore des moments où tu seras en colère, triste, frustrée. Et c’est ok.


La bienveillance, c’est :

  • lui parler avec un peu plus de douceur,

  • reconnaître tout ce qu’il traverse,

  • le remercier pour ce qu’il te permet de faire malgré tout,

  • accepter que ta valeur ne se résume pas à ton apparence ou à tes capacités physiques.


Tu peux commencer par des choses très simples :

  • Remplacer “je déteste mon corps” par : “Mon corps me fait souffrir, mais je vais apprendre à en prendre soin différemment.”

  • Remplacer “je suis nulle, je n’y arrive pas” par : “Aujourd’hui, c’est difficile. Je fais de mon mieux avec ce que j’ai.”


Ces nuances-là changent la façon dont tu te parles, et petit à petit, la façon dont tu te sens.



Des outils concrets pour mieux écouter ton corps


Voici quelques pratiques que tu peux intégrer doucement dans ton quotidien :


1. La pause respiration-conscience (2 à 3 minutes)


Plusieurs fois par jour, fais une mini-pause :

  • Tu fermes les yeux (si possible).

  • Tu observes ta respiration sans la forcer.

  • Tu scans rapidement ton corps : où sont les tensions ? Où ça tire ? Où c’est plus doux ?

  • Tu relâches ce que tu peux (mâchoires, épaules, ventre).


C’est un tout petit moment où tu lui demandes :

“Comment tu vas, là, tout de suite ?”

2. Le journal de bord corporel


Sur quelques jours ou semaines, tu peux noter :

  • ton niveau de fatigue,

  • tes douleurs (intensité, localisation),

  • ton humeur,

  • ce qui t’a fait du bien / du mal (alimentation, activités, repos…).


Pas pour tout contrôler, mais pour mieux comprendre les liens : ce qui aggrave, ce qui apaise, ce qui te soutient.


3. Le mouvement doux plutôt que la punition


Au lieu de “me punir” avec du sport épuisant parce que ton corps ne te plaît pas, tu peux choisir des mouvements qui te font du bien :

  • marche douce,

  • étirements,

  • yoga,

  • danse libre dans ton salon,

  • respiration en mouvement.


Le but n’est pas la performance, mais la connexion.



4. Des moments ritualisés de soin


Un bain chaud, une bouillotte sur le ventre, une tisane, un automassage, une séance de sophrologie, une méditation guidée…Ces moments ne sont pas une récompense “quand tu auras été productive”, ce sont des besoins à part entière.




Comment la sophrologie peut t’aider dans ce chemin


La sophrologie est un merveilleux outil pour :

  • revenir dans le corps sans violence,

  • apprivoiser les sensations physiques (douleurs, tensions, lourdeurs),

  • réguler le système nerveux (stress, anxiété, hyper-vigilance),

  • développer une posture plus douce envers soi.


Par la respiration, la détente musculaire et les visualisations, tu apprends peu à peu à :

  • écouter ce qui se passe en toi,

  • reconnaître tes limites,

  • activer tes propres ressources internes (calme, confiance, apaisement).


C’est un chemin progressif, mais réel, pour passer de “je subis mon corps” à “j’apprends à vivre avec lui”.




En résumé


Ton corps n’est pas ton ennemi. Il est le messager de ton histoire, de tes blessures, de tes besoins, de tes limites.


Passer de l’hyper-contrôle à la bienveillance, ce n’est pas renoncer, c’est choisir une autre façon de prendre soin de toi : plus douce, plus respectueuse, plus durable.

Tu as le droit de ne plus te battre contre toi-même.Tu peux apprendre, pas à pas, à transformer ce corps que tu as souvent jugé… en un allié précieux sur ton chemin de vie.



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Le jardin de lyssa

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